01 – La communauté des Expats, Les deux Expats, le Retour des Expats

jesuisvivante

Ce n’est pas que je n’aie pas eu envie de faire des mises à jour récemment, c’est que je n’ai pas nécessairement eu le temps de m’y mettre, comprenez bien: Le temps que je n’ai pas passé à chercher un emploi puis à chercher un logement, je le passais à jouer afin – entre autres – de ne pas exploser telle une cocotte minute sous pression.

Quand j’ai su que Keoken me proposait un job, j’ai exulté à un point ! Du bonheur tout partout, du bonheur oui, et SURTOUT beaucoup d’appréhension. Parce que OUI, j’allais retrouver les Pays-Bas que je chéris, OUI j’allais effectivement faire le travail de mes rêves dans un studio qui m’avait l’air très sympathique, mais se profilait alors devant moi les spectres qui ont hanté mes nuits bien trop souvent: Le Recherchedelogementor et l’Administratordelamort. Si j’étais heureuse d’avoir enfin un travail après avoir passé des jours et des jours à essayer de convaincre tant bien que mal les gens que « oui alors si je passe du temps sur le pc ce n’est pas que pour jouer, parce que je vais sans doutes t’apprendre un truc mais sur internet on peut – accroche-toi bien poulet – CHERCHER DU TAFF, WOAW« , c’était BON de savoir qu’enfin, j’allais quelque part. Mais bon dieu, je ne supporte toujours pas le poids de devoir chercher un logement dans une ville dont les loyers n’ont pas grand chose à envier à Paris, et dont la proximité avec Amsterdam fait augmenter le stress deux fois plus (un logement? TU LE VOIS? TU LE VOIS PU!). Du coup, je me suis jetée à corps perdu sur la première annonce qui m’a parue potable, et aujourd’hui, j’y vis joyeusement, parmi les crasses de la cuisine et les tuyauteries super trop nulles.

La partie administrative requiert que je m’attarde un petit peu dessus, au cas où un(e) futur(e) expat’ parcoure ces lignes dans l’attente d’une éventuelle réponse à ses toutes aussi éventuelles questions: Comment ça se passe quand tu débarques aux Pays-Bas (bien), est-ce que c’est chiant les démarches à faire (oui), peut-on survivre avec une mémoire de poisson rouge (si tu as un bullet journal maggle y’a de l’espoir, je sais pas comment j’aurais fait sans)?

Tout d’abord, il te faut un logement, sinon ça ne sert à rien. Alors AVANT d’arriver dans ta ville de destination (je m’y suis prise une semaine à l’avance au cas où), tu prends rendez-vous avec la mairie pour te procurer un BSN. Le BSN, tu le vois comme une sorte de Graal, le Sésame, le premier truc à obtenir pour ta survie. En effet, ce numéro te permettra entre autres de: Pouvoir taffer (et dans une moindre mesure de récupérer ta paie, ce qui est quand même super arrangeant on va pas se mentir), pouvoir ouvrir un compte en banque (dans un prochain épisode je vous dirais s’il est possible ou non de pouvoir récupérer sa paie sur un compte français mais j’en doute, j’croise les doigts), mais aussi SLASH surtout de souscrire à une assurance.

Ce qui nous amène à: Comment ça marche les assurances aux Pays-Bas ? EH BAH MA POULE C’EST UN JOYEUX MERDIER. Moi qui suis habituée à n’avoir presque rien à payer, autant vous dire que ça pique un peu. En effet, le pays a décidé de refiler les assurances à des trucs privés (ce qui veut – Gabe merci – dire qu’il y a de la concurrence pour baisser un peu les prix mais ça n’empêche pas de brûler la tronche quand on les voit). Du coup, en dessous d’une certaine paie, tu peux bénéficier de l’assurance publique de ce que j’ai compris, et au delà d’un certain seuil tu dois donc souscrire à une bande de vilains rapiats. Jusque là, tout va bien, c’est assez fair (la sécu me manque, envoyez de l’aide). MAIS C’EST PAS FINI. Lors de ton inscription tu dois déjà payer un forfait de base (dont le prix peut varier de 60 à 100+ boulax), et choisir le seuil de thunasses que tu choisis de dépenser en médocs avant de pouvoir te faire rembourser. Par exemple si je choisis 300 boulax, mon forfait de base sera plus cher que si je choisis 600 boulax, parce que ça signifie qu’à partir de 300 boulax on devra me rembourser, alors que la seconde offre veut dire que je paie les médicaments de ma poche jusqu’à en avoir demandé 600 boulax. Les visites chez le médecin sont toujours remboursées par contre. Aussi, ça ne comprend QUE les visites chez le médecin, du coup vous devrez prendre des options (payantes of COURSE) si vous comptez vous rendre par exemple chez un ophtalmo, un dentiste, et mieux encore: si vous prévoyez (ahah) de terminer à l’hôpital, etc. Autant vous dire que jamais de ma vie je n’ai autant prié pour ne pas être malade. Et que j’ai super envie de prendre le forfait pour l’hôpital AU CAS OU, mais que j’aime bien 1) Manger, 2) Rembourser la thune que je dois, 3) Essayer d’économiser. Du coup je vais juste prier pour pas me retrouver là-bas, envoyez votre énergie. En attendant que l’Homme trouve un taff, j’ai juste à croiser les doigts.

Si vous ne souscrivez pas à une assurance dès l’obtention de votre BSN, sachez que les autorités vont vérifier quand vous avez obtenu ce dernier, histoire de vous demander de payer ce que vous n’avez pas réglé depuis que vous êtes en possession de votre Sésame, même si vous dites avec de grands yeux « mais j’ai encore ma carte d’assurance européenne valable pendant 3 mois yamete kudasai!« . Bref. Tu me manques Sécu. Reviens bb, j’ai changé. Même toi, LMDE, tu en viens à me manquer, et c’est pas un truc que je pensais dire de mon vivant.

Pour obtenir le BSN donc, tu prends rendez-vous à la mairie en avance (parce que j’ai de la chance à Hoofddorp mais selon les mairies j’ai lu des témoignages d’expats qui avaient dû attendre deux ou trois semaines, le numéro mettant environ 2 semaines pour arriver chez toi, CER CHO SI TU VEUX ÊTRE PAYÉ). Une fois ceci fait, tu t’assures d’avoir sous le coude:
– Un passeport (ils préfèrent ça à la carte d’identité, j’ai pas de passeport alors ça allait mais si vous en avez un, vous avez moins de chances de vous faire envoyer bouler).
– Un contrat de logement (pour prouver que vous habitez réellement aux Pays-Bas).
– Un certificat de naissance (pour des raisons).

Une fois que vous aurez:
– Emménagé
– La promesse de l’arrivée de votre BSN
Vous serez:
– Fatiguée
– Extatique
– Pris d’une soudaine envie de danser tout nu sous la pluie (assez peu de soleil en ce moment, mais si vous arrivez sous le soleil faites-vous plaisir!)

Dans le prochain épisode, je vous parlerais sans aucun doutes de ma première journée de taff, d’une présentation du studio (qui vaut FRANCHEMENT le détour), des gens qui s’y trouvent, du jeu qu’ils développent en ce moment, de mes impressions et de ce que je devrais y faire.

Du coup on se dit à bientôt, et en attendant, portez-vous bien, c’est important!

08 -Où l’on parle de l’avantage d’être peu sociable

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\o/ L’endroit super rassurant où je passe soir et matin et où y’a jamais personne \o/

J’ai réussi à avoir des retours d’autres étudiants partis en stage grâce à la fac. Entre le poto Reiquai qui est parti complètement à l’arrache à Londres sans avoir de logement, et la coupine Tiko qui a un proprio super cool qui oublie de payer l’électricité, c’est la grande rigolade et on va s’en rappeler en riant, même si sur le coup, ils n’ont pas dû rigoler. D’autres me font savoir que voilà, sans amis, c’est la déprime. J’ai cet avantage sur les personnes sociables: J’ai besoin d’avoir mes temps de solitude de temps en temps, et je ne suis guère affectée par ce genre de choses, je préfère amplement être toute seule que d’être sans cesse entourée.

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07 – Les chauffeurs de taxi se nourrissent-ils de votre désarroi?

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VOILA. C’EST FAIT. Une semaine et quelques après mon arrivée perturbée à Utrecht, j’ai enfin l’appartement que je dois avoir pour les trois mois restants. Plus qu’à me payer un vélo et je me fondrais totalement dans la masse. Mais avant cela, il faut que je vous fasse un petit résumé de cette acquisition, ce serait trop bête de passer à côté d’une (autre) histoire qui moi, m’a fait pleurer (littéralement) mais qui vous fera sans doutes marrer. Et je recycle les images si je veux. Là j’ai la flemme, et je vous explique pourquoi.

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06 – L’angoisse du lundi

BLBLBLBLBL

Ma première semaine est passée. Selon les rumeurs, c’est la plus dure, mais je n’en ai guère l’impression. Si durant cette première semaine je savais exactement à quoi m’attaquer pour faire un bon travail, moult questions viennent pourtant régulièrement me tarauder: Et si je n’étais pas assez utile dans l’entreprise? Quand je vois le reste du personnel coder jusqu’à plus soif, animer et trimer comme des fous sur les projets qui sont préparés, je me demande parfois la légitimité de ce que je produis. J’essaie tant bien que mal de ramener un public au jeu que je dois représenter, mais ce public est relativement difficile à trouver, et j’ai beau essayer de m’affairer à la tâche, de faire ce que je peux, j’ai peur. J’ai peur de ne pas faire assez bien parce que j’aime énormément les gens avec qui je travaille, même s’ils ne le savent pas forcément, je toujours aussi peu expressive, mais l’environnement de travail fait que j’ai envie de faire tout ce que je peux, et j’ai peur d’un résultat insatisfaisant.

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05 – Aie pitié, machine à laver!

MACHINALAVER

Vous ne je sais pas, mais ici, à part la température quand le soleil cache le bout de son nez, tout va bien. Hier j’ai commencé à bricoler une Charte pour les Réseaux Sociaux pour le studio. Cela consiste en fait à laisser par écrit ce qu’il faut faire pour bien gérer les communications, si un Community Manager s’en va, et qu’il cède la place par exemple, le suivant saura quoi poster, où et quand. J’ai pu finir ce travail cet après-midi et faire vérifier tout ça par un de mes collègues, Martjin, qui m’aide beaucoup lorsqu’il est présent. Quand je m’en irais, en gros, y’aura aucune différence théoriquement, parce que si j’ai bien fait ma charte, un pingouin qui sait lire et aller sur le net (bon ok c’est pas SI accessible en fait) pourrait me remplacer.

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04 – Le premier jour, elle fut le décès, et vit que cela était bon

BLBLBLBLBL

Ce matin, après n’avoir pas dormi de la nuit, la faute à un café vraiment trop corsé de la veille, je décidais de patienter dans le lit jusqu’à ce que mon réveil sonne, à 7h30. Mes horaires étant 10h-18h, j’avais un peu de marge devant moi pour me consacrer à quelques loisirs tels qu’essayer de m’extraire dudit lit (littéralement, le lit prend la pièce et ne laisse qu’une demie-porte pour s’extirper et accéder à la pièce adjacente), faire mon sac, et constater avec désarroi que je n’avais pas même l’ombre d’un quignon de pain afin de petit-déjeuner, ayant été trop fatiguée la veille pour avoir ne serait-ce que l’idée masochiste de re-sortir après m’être installée.

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03 – Le début (de l’aventure, de la fin, ce que tu veux)

JeSuisVivante

Jeudi, 9h, je décolle de ma petite chambre douillette d’Annecy afin de me rendre à Chambéry, où un covoiturage est censé me prendre à 11h, afin que je puisse passer deux jours à Namur, en Belgique, près de l’Homme. Outre un trajet désespérément long ponctué de moult arrêts et d’un retard à l’arrivée, j’étais vivante, près dudit Homme, et c’est tout ce que je demandais. Ces deux jours en sa compagnie sont passés excessivement vite, et ce matin nous nous adonnions à une déchirante séance de séparation, la seconde en un mois, ce qui n’arrange guère le moral des troupes.

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