10 – N’essaie même pas d’ouvrir ce sketchbook.

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Il y a énormément de choses que j’aime : Rester sous la couette même après m’être réveillée, découvrir de la nouvelle nourriture passer du temps avec des gens adorables, les cookies, les sourires, même les sourires avec des morceaux de cookies coincés entre les dents, et tant d’autres choses.

Bien sûr, il y a aussi énormément de choses que je déteste : Les carottes – ces suppôts de Satan -, ne pas avoir de mémoire pour les trucs importants, voir quelles aberrations se passent dans le monde, et presque en première place, les gens qui ouvrent tes foutus carnets sans te demander.

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09 – Le Bullet Journal, deux mois plus tard

Le Bullet Journal, kesséksé? Facile mon ami! Tu vois le principe d’un agenda, d’un répertoire et d’une checklist? Tu condenses, et BIM! Tu as un Bujo! Ça paraît tout bête comme ça et (ça l’est) ça peut changer ta vie. Un journal. Bêtement. Oui.

Quand tu es comme Bibi, que tu prends plein de notes que tu finis inexorablement par perdre, que tu prévois plein de trucs que tu finis pas oublier, que tu as plein d’idées mais que tu ne t’en souviens plus, que tu as encore oublié de noter l’adresse de ta conseillère Pôle Emploi alors que tu en as besoin et que tu n’as aucune idée d’où tu as bien pu ranger ton papier. Si comme Bibi tu as essayé l’agenda de ton téléphone, que tu as squatté un peu des sites comme Fruux, mais que les consulter t’entraînaient petit à petit dans les tréfonds du net parce que bah, c’est un téléphone, c’est un ordinateur, tu PEUX accéder au net. Peut-être alors que le Bullet Journal est ta solution anti-procrastination.

Je vais d’abord t’énoncer comment faire un joli BuJo rien que pour toi, et te dire ensuite pourquoi dans mon cas ça a marché depuis deux mois. T’es radis? C’est parti!

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Le carnet de pauvre mais qui fait genre je navigue tout partout (et je peux assommer des gens avec les breloques super lourdes)

Déjà pour faire un Bullet Journal, ça va t’étonner mais il te faut: Un JOURNAL. Au début tu vas en tester, tu vas en préférer un plutôt qu’un autre. Cependant voici les modèles qui reviennent souvent: Ce petit Moleskine ainsi que le Leuchtturm1917. Mon actuel est un petit carnet pour pauvres (mais néanmoins élégant), et mon prochain est un Scribbles That Matter. Dans votre choix vous devez prendre en considération:
– La taille: Malgré tout ce que l’on peut dire, oui, la taille est importante. En effet, votre Journal pouvant contenir vos listes de courses ou vos contacts d’un jour, il doit pouvoir rentrer dans à peu près n’importe quel sac, privilégiez le A5 ou plus petit (mais pas trop).
– Le lignage: Vous préférez des feuilles vierges? Préparez-vous à tracer des traits jusqu’à ce que mort s’ensuive si vous n’arrivez pas à écrire droit MAIS que vous aimez les mises en page parfaites. Les Lignes? Les quadrillages? Petits? Grands? Beaucoup s’accordent à dire que les feuilles pointillées s’accordent le mieux à l’usage du BuJo, car si vous pouvez y écrire, vous pouvez créer des graphiques et autres grilles sans trop vous fouler.
– Le nombre de pages: Si comme Bibi vous êtes en « période d’essai », le nombre de pages vous paraîtra peu important et vous aurez presque hâte de terminer un carnet pour passer au suivant, mais quand vous aurez trouvé le carnet de votre kokoro, vous voudrez vraiment qu’il comporte énormément de pages pour ne pas avoir à en racheter trop souvent.

Une fois ton carnet acquis, tu te fais une jolie page de garde, tu exprimes TOUT TON TALENT, sinon tu marques juste « V’là mon journal ». Fais comme tu le sens, chuis pas ta maman. Ensuite, les choses sérieuses commencent. Personnellement j’ai casé juste après cette page de garde la légende des symboles utilisés fréquemment dans le BuJo, au début on s’y réfère, ensuite ça devient un automatisme. Sur la page d’après, tu te fais un joli Index tout neuf. Tu t’en serviras pour te repérer si tu as un trou de mémoire.

C’est là que tu vas adorer si tu as pris un Leuchtturm1917, parce que les pages sont déjà numérotées, sinon, c’est à toi de le faire. Ainsi, tu peux noter toutes les catégories et pages importantes, et les rapporter dans ton index pour savoir d’un coup d’oeil où l’information qui t’intéresse se situe.

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Petit exemple de planning annuel

Ensuite, tu réserves les 4 prochaines pages qui arrivent pour faire un planning annuel. N’aie pas peur, ça ne mord pas. L’idée, c’est juste que tu vas découper ces pages en 3 parties et y noter chaque mois de l’année, comme ça, tu peux y mettre des événements importants, des tâches à faire tel ou tel mois, des anniversaires, par exemple. N’oublie pas de noter sur ton Index que les pages 1 – 4 sont donc ledit planning.

Ensuite, ta cinquième page devrait, en toute logique, être consacrée au mois que tu vas entamer. Là, on est en janvier, on va admettre que tu veux commencer au début du mois de février pour faire joli et que tu prépares ton carnet à l’avance. Tu vas donc faire ton petit planning du mois. Là, il te faudra autant de lignes que de jours dans le mois. Ainsi, tu peux marquer en face de chaque jour un événement important, un rendez-vous, tu vois le genre. Ce petit calendrier est suivi d’une liste de tâches à accomplir pendant ledit mois. Personnellement je les sépare en deux catégories, les quêtes principales super importantes (trouver un boulot, mettre à jour un CV, finir une commission…) et quêtes secondaires que si je les accomplis c’est cool mais sinon ma vie ne sera pas chamboulée (dessiner une fois par semaine, bloguer une fois par mois, écrire une nouvelle…).

Ensuite, eh bien, c’est parti mon kiki, tu peux choisir tooootalement la mise en page de ton journal. Tu préfères un semainier avec une petite place pour écrire des choses, ou remplir une page avec les événements du jour? Libre à toi. Personnellement au début j’écrivais : Jour – Tâches à accomplir – Jour – Tâches à accomplir etc… Jusqu’à ce que la page soit pleine. Mais c’était ennuyant. Maintenant, je consacre une page à chaque jour, en marquant la date – tâches à accomplir – choses positives – choses négatives – humeur – note de la journée. C’est un peu plus intéressant parce qu’étant de nature plutôt négative, je suis obligée de me concentrer pour trouver un peu de positif dans une journée qui n’est jamais toute noire ou toute blanche. La partie humeur me permet de me recentrer sur ce que je ressens dans une journée, pourquoi je le ressens et s’il y a moyen d’y remédier quand c’est plutôt négatif. Sachez aussi que le BuJo peut être très utiles pour des personnes atteintes de maladies afin de constater une amélioration, dégradation, ou des changements.

Tu as fait des erreurs ou tu as sauté des pages sans faire attention? Qu’à cela ne tienne, tu peux intercaler plein de choses dans cet espace vide. L’idée du Bullet Journal est aussi d’aller de l’avant et de tirer partie des erreurs que nous faisons au lieu de nous ronger les ongles dessus pendant un millénaire et demi. Une page sautée? Et si tu essayais de dessiner un truc? De noter des citations? De créer une page listant tous les films que tu devrais voir? Ne reste pas focalisé sur ce petit fail, et profites-en au contraire pour faire quelque chose de positif avec, ce n’est qu’un journal, nous faisons tous des erreurs, et tu peux en tirer parti.

Mon journal actuel comporte tout un tas de trucs inutiles par exemple: Des To Do lists à foison, un Know Yourself Challenge, je note des souvenirs en BD, mais je me sens à l’étroit pour faire vraiment ce que je veux dedans, du coup j’ai plutôt hâte de finir et passer au prochain carnet 🙂

Dans mon cas, le BuJo a fonctionné parce que jusqu’à preuve du contraire, il est relativement rare SLASH improbable de pouvoir tomber sur des vidéos de chaton en appuyant frénétiquement sur le logo Youtube que tu as dessiné sur un bout de page. Le contact avec le papier me repose, je prends un petit moment le matin pour dresser ma liste de choses à accomplir durant la journée et enfin, je me pose le soir pour faire un compte rendu, valider des tâches, les reporter au lendemain s’il y a eu un manque de temps, bref, je prends le temps de m’occuper de mon journal.

Ce que je trouve de sympa dans le Bullet Journal, c’est le fait de voir l’avancement de ce que je fais. Pour mes longues tâches par exemple, je me dessine une barre de progression que je remplis après avoir terminé une partie plus où moins grande de ce que j’ai fini. Le fait de cocher les activités accomplies me remplissent inexplicablement d’une certaine fierté, comme si je me récompensais toute seule alors que j’ai juste terminé un truc que je devais faire de toute façon et coché ça dans une liste. Allez comprendre. L’aspect auto-motivation du Journal est sans doutes ce qui me fait revenir chaque jour, j’adore voir l’avancement, j’adore voir mes cases cochées, je m’en veux de reporter quelque chose quand bien même fut-ce nécessaire à cause du manque de temps.

Et voilou un petit aperçu du premier BuJo, où j’avais largement la place de m’exprimer et de faire des trucs qui me plaisaient, mais qui ne rentrait pas dans mon sac. Eheh.

Aussi, je ne vais pas vous mentir, je m’en sers pour essayer de devenir plus positive: « Regarde, tu es capable de faire tout ça, regarde ce que tu as déjà fait, c’est un bon début. » Ma mise en page présente me permet aussi de me concentrer sur mes ressentis, parce que je n’exprime jamais réellement comment je me sens, je suis toujours dans l’exagération (de l’euphorie tendance hystérique à une envie passagère de me jeter sous un camion), ou dans le mensonge (je n’en parle pas parce que ça me ferait chier de répondre aux questions qui vont avec alors j’invente). Là, je me pose devant le carnet, et je me demande purement et simplement comment ça va, qu’est-ce qui s’est passé, et comment ça allait dans ma tête. J’imagine que le BuJo remplace un psy à 70 boules la séance dans mon cas, et franchement, ça marche plutôt bien!

Enfin, aspect non négligeable et preuve de l’éternelle supériorité du papier sur l’écran: De toutes les applis, de tous les sites que vous pourrez squatter, aucun n’est autant personnalisable que le BuJo. Tu veux une mise en page simple et complète? Fais-le. Tu veux t’organiser en mettant tant d’éléments par page ou au contraire plus d’espace? Fais-toi plaiz! Tu veux rendre le tout esthétique en le décorant, voire le changer en sketchbook, en carnet de voyage? Mais VA COMME LE VENT! VOLE! TU VEUX DESSINER UN ZIZI QUI PREND UNE DOUBLE PAGE ET FOUTRE DES TO DO LISTS DESSUS? MAIS TE RETIENS PAS NOM DE GABE!

Si je devais passer en revue des côtés négatifs du Bullet Journal (car comme dans tout: il y en a), voici ceux qui, personnellement, m’ont affecté à un moment où à un autre:
– Devenir un control freak (parce que vous serez vite tenté de TOUT noter, d’optimiser votre temps, de vouloir cocher à tout prix sans penser à vous reposer de temps en temps, et il reste important de garder du temps pour vous).
Procrastiner: Parce que j’adore décorer mon journal et créer de nouvelles rubriques dedans, je suis parfois très (trop) tentée de passer plus de temps que nécessaire dessus, et en voulant éviter de tout remettre à plus tard, je perds du temps à gribouiller des trucs pour rendre une page plus jolie.
CARNETS PARTOUT JUSTICE NULLE PART: Je suis amoureuse des papeteries. Je me fous des magasins de fringues, je tolère passer du temps dans un magasin de bouffe, mais MON DIEU je pourrais mourir d’avoir pris trop de temps dans une papeterie. Du coup, j’ai des carnets partout, qui n’ont jamais (ou peu) servi. Le problème, c’est qu’après avoir commencé les BuJo, maintenant que je me dis que j’aurais une utilité pour chaque nouveau carnet, je suis vachement plus tentée d’en acheter sur des coups de tête. Fort heureusement ceux qui m’intéressent sont relativement onéreux, ce qui me permet de ne pas craquer, mais soyez avertis. Si vous êtes là-dedans aussi, vous ressentirez peut-être le besoin d’acheter tout un tas de matériel, surligneurs, trombones choupis, stickers adorables, post-it choupinets. Les tentations sont grandes. BEWARE.

C’est tout pour moi, en espérant vous avoir convaincu quant à l’utilité de la chose, ou si vous étiez déjà en phase de vous lancer, que mes explications vous auront rendu la vie un peu plus facile pour élaborer votre propre journal. N’hésitez pas à m’envoyer vos photos sur Twitter ou Facebook, ça me fera très plaisir de voir ce que devient votre petit carnet!

En attendant une prochaine fois, je vous dis à bientôt et en attendant, portez-vous bien, c’est important!

08 – Petit retour sur l’année

Aujourd’hui j’avais envie d’écrire, pas tant pour vous que pour moi, pour être franche. Du coup si vous passez par hasard dans le coin, vous verrez ce petit mot, sinon je n’en parlerais pas, parce que bon, c’est surtout pour ne pas oublier un tas de trucs.

2016, pour bibi, c’était quoi? C’était un tas de bonnes choses. C’était la fin de l’année scolaire. C’était du coup, certes, la fin de quatre ans de boxon sans nom sur des notations approximatives, de partiels que même si tu sais ton cours sur le bout des doigts tu ramasses la moyenne tout juste, mais c’était surtout le plus chouette des stages de l’univers aux Pays-Bas. C’était des rencontres que j’ai aimé, de gens avec qui j’espère repasser quelques jours, c’était la découverte de la bière au génépi. C’était aussi le départ d’Annecy et la tristesse qui allait avec, parce qu’il faut dire que c’était quand même super génial d’habiter à 5 minutes d’un centre commercial pour aller chercher des pains au chocolat en pyjama sous le manteau.

C’était aussi l’obtention de ma licence. La fac me manque déjà parce que malgré les exams, ça reste beaucoup moins contraignant qu’une recherche d’emploi quand tu sors d’études et que tu n’as aucune expérience. Je ne suis pas spéciale. Je ne suis pas plus skillée qu’un autre. Je ne suis qu’une jeunette qui cherche un boulot parmi tant d’autres, et je ne vois pas tellement comment je pourrais améliorer tout ça.

2016 c’est l’année où je me suis mollement mise à redessiner un peu, où l’on m’a dit et redit de valoriser cet aspect dans ma recherche d’emploi, où j’ai constaté avec dépit que mon niveau avait régressé depuis 2012. Mais je me rattraperai, quand j’aurais un boulot et que je n’aurais plus à m’en soucier, je m’accorderais un peu de temps pour apprendre les choses que j’ai mise de côté jusqu’ici, pour me faire plaisir, pour pas mourir stupide, et puis pour prouver, quelque part, que je vaux quelque chose.

2016 c’était une hécatombe pour les célébrités, c’était des hauts et des bas pour nous autres mortels qui ne passons pas à la télé, pas une mauvaise année en soi.

J’espère que 2017 sera l’année où je trouverai un emploi stable, où je pourrais enfin coller ma situation devant le nez des gens qui me disaient que je ne ferai jamais rien de ma vie, et je pense que je n’en demanderai pas nécessairement plus.

Ca me suffira.

Un boulot, un toit, l’Homme, c’est tout ce dont j’ai besoin.

Si vous me lisez, j’espère que 2017 sera l’année de la réussite pour vous, que vous aurez plein de projets et que vous les réussirez un à un, que vous trouverez ou que vous garderez cette personne spéciale dans votre vie. Que vos proches iront bien. Que vous pourrez vous épanouir, faire ce qui vous fait envie, sans vous préoccuper d’autre chose que de votre bonheur. C’est tout ce que vous méritez.

Fin de la séance nunuche.

A bientôt, et en attendant, portez-vous bien, c’est important.

07 – Ma journée à l’hôpital

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En ce moment, je m’occupe de préparer mon portfolio, je le trouve mieux qu’il fut jusqu’à présent, j’ai juste un peu peur que le ton ne plaise pas à tout le monde, mais eh, il faut ce qu’il faut! Pendant la moitié de la journée où je n’étais pas à Indievelopment (que je n’ai que peu fréquenté parce que visiblement mon agoraphobie n’est pas totalement guérie, mais j’y travaille), j’ai travaillé sur mon petit dépotoir à travaux. Se faisant, j’ai redécouvert des boulots dont j’avais toootalement oublié l’existence, dont ceci. Doser. Une vidéo.

Outre le fait que cette vidéo est desservie par un jeu d’acteur moyen (on s’en fichait, on était noté sur la post-prod’), elle a fait remonter des souvenirs amusants dans ma mémoire, ceux qui me suivent depuis trois ans seront déjà au fait de cette histoire, mais j’ai tout de même envie de la remettre ici, dans un coin, parce que ça me fait toujours plaisir de m’en souvenir et de la raconter.

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C’était un jour de grisaille sur Annecy, l’on devait tourner dans un endroit n’inspirant que peu de confiance. Un truc sale, un truc glauque. On a rien trouvé de mieux que le vieil hôpital, qui devait être détruit depuis quelques années déjà sans que rien n’ait été fait: Amiante partout, justice nulle part. Mais les bâtiments étaient encore là, dressés fièrement vers les nuages gris, imposantes silhouettes vides de toute présence humaine, pensait-on. Nous sommes arrivés en début d’après-midi, avec mon meilleur ami, une demie douzaine de camarades de classe, des appareils photo et un pied pour stabiliser nos jolies images.

Nous avons fait le tour de l’endroit, puis avons trouvé une entrée où visiblement d’autres que nous avaient déjà décidé de passer sous un grillage découpé à la va-vite. Nous nous extirpons tant bien que mal en essayant de ne pas nous recouvrir de boue au passage, puis nous réfugions dans le premier bâtiment que l’on atteint. Là, nous trouvons moult pièces vides, des décors enfantins, des couleurs pastel, pas de doutes, c’est l’endroit où l’on devait s’occuper des tout petits. Presque toutes les surfaces ont été recouvertes de tags de plus où moins bon goût. Nous décidons de tourner ici. Les heures passent, les prises s’enchaînent, une fois le travail terminé, nous rangeons le matériel dans nos sacs et tandis que beaucoup de nos camarades partent, quatre d’entre nous décidons de nous promener un peu plus dans cet endroit. Je mitraille de photos avec mon téléphone portable. Nous entrons dans l’hôpital par une fenêtre, montons dans les étages, sursautons au moindre claquement de porte. On se bat avec des bouts de poutres qui traînent dans le coin, on évite soigneusement ces endroits recouverts de bris de verre, et on s’extasie devant le calme qui règne sur cet endroit.

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Non loin, on entend les bruits de la circulation, entre les murs, le silence est pesant, mais appréciable. Nous sortons finalement vers la fin de l’après-midi, et apercevons quelqu’un, au loin. Tressaillements collectif. Le gardien. On est pas censés être là, et on le sait. Il nous crie de ne pas bouger, tandis qu’il se rapproche. Il a un bâton de bois dans une main, une grosse torche électrique dans l’autre. On se regarde plutôt inquiets, mon meilleur ami nous dit de le laisser parler, et on l’écoute parce qu’en général, il se débrouille plutôt bien.

Le gardien arrive presque à notre hauteur, il reste un peu en retrait par rapport à nous. Il nous dit qu’on est pas censés être ici, qu’il va falloir appeler les autorités, qu’on aurait dû y penser avant. J’ai pas mes papiers sur moi, ça m’embête pas mal cette histoire. Là, mon meilleur ami prend la parole, et comme à son habitude, laisse parler son éloquence naturelle. Oui mais vous comprenez monsieur, on s’était adressé à la mairie parce qu’on savait qu’il fallait le faire, pour obtenir un droit de visite, mais ça prend du temps, et nous on a dû faire un tournage, parce qu’on doit rendre un devoir à la fac, on aurait aimé vous avertir, mais on était pas sûrs que vous diriez oui, et on en a besoin pour notre année.

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Là, petit silence. Le gardien regarde brièvement nos sacs, le pied qu’on trimballe sort de l’un d’eux. Il se met à sourire: « Hey, vous faites de la photo? Parce que j’adore la photo, j’en fais moi-même! Je comprends que vous trouviez cet endroit attirant, il y a tellement de chouettes prises de vues à faire! Allez, venez, je vais vous faire visiter, y’a des endroits qui sont fermés, mais j’ai les clés! »

On est tout penauds, on s’attendait définitivement pas à ça. On se regarde, tape dans le dos du pote aux points de charisme judicieusement distribués, et on suit le gardien docilement. Nous visitons le bâtiment dans lequel nous ne sommes pas allés jusque là. Il nous ouvre l’accès à la chapelle, c’était sans doutes un chouette endroit, autrefois, mais à l’instant où nous le visitons, entre les fresques pleines de tags, les vitraux brisés, et des tas d’objets visiblement disparus, c’est plutôt tristoune. Le manque de luminosité nous empêche de prendre de bonnes photos, même avec l’aide de la torche de notre nouvel ami. Ce dernier nous guide dans les couloirs, et nous arrivons vers ce qui fut autrefois une réserve d’apothicaire, qui a été transformé au fil du temps en bibliothèque. Là, plein de casiers de bois sont renversés un peu partout sur le sol, recouverts de poussière. Des gens ont piqué les livres, nous dit-on. Ils n’ont pas attendu longtemps après la fermeture de l’hôpital.

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Il commence à se faire tard, et nous devons encore trier les rush, puis monter tout ça. Nous en faisons part au gardien qui tient à nous amener dans un dernier endroit avant de partir. On ressort du bâtiment, avant de rentrer par une autre porte: Bim, la morgue. Il y fait plus froid que dehors. On y croise les grands frigos, comme dans les films. Ils sont moins nombreux, mais plus imposants. « On pourrait en faire entrer une et demie comme Maïté, là-dedans », nous balance le gardien avant de nous diriger vers la sortie. Nous passons au poste de surveillance, une grande pièce entièrement vitrée, qui comporte entre autres choses, deux ou trois posters de demoiselles en bikini, un mini frigo, un immense bureau plein d’écrans cathodiques hors d’état de marche, et quelques téléphones deçà delà. On est saisis par l’odeur de café froid qui emplit la pièce, à l’époque, j’étais vaguement dégoûtée, tandis qu’aujourd’hui, c’est l’un de mes éléments de survie de base au bureau.

Le gardien nous raconte qu’il était photographe pendant un moment, qu’il faisait des voyages pour trouver de nouveaux endroits à immortaliser, des endroits déserts, parce qu’il les trouvait plus beaux. Je le comprends. Un de mes rêves est d’aller un jour à Pripyat après tout. Il nous donne à chacun son numéro de téléphone portable ainsi que de quoi le contacter sur Facebook, nous invite à partager nos propres clichés avec lui, puis nous laisse repartir, parce qu’il doit refaire une ronde.

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Si on m’avait dit, le matin même, que notre journée de tournage se terminerait par une visite guidée d’un hôpital désert avec un gardien amoureux de la photographie, je me demande si je l’aurais cru.

Hors sujet: Marre.

PasPlagiat

Pour les gens d’Internet, je pense être globalement une nana sympa. Pas trop prise de tête, portée sur le lol, toujours prête à filer un coup de main, pas trop emmerdante de manière globale. Les gens qui vivent avec moi peuvent se plaindre de moi, vous, ça va. Du coup, je suis plutôt de nature conciliante, à pas trop m’en faire, à laisser passer des trucs, et après coup je me dis: « j’aurais tellement dû être la dernière des grosses putes, ça m’aurait évité tellement de soucis!« . Aujourd’hui, je me dis ça. Je vous explique?

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06 -Vous êtes importants

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Si un jour on m’avait dit « jeune fille, tu travailleras dans la communication » à un moment donné de mon existence, je ne sais quelle aurait été ma réaction. Je pense que j’aurais ri, nerveusement, incapable de croire à une telle blague, et pourtant aujourd’hui, me voilà, à vouloir me lancer dans le Community Management, et à plutôt bien réussir mon coup, jusqu’ici.

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05 – Je n’ai pas besoin de comparer mon zizi (et ça va, je suis encore vivante)

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Life is Strange

Ah, tu m’avais manqué, vrai monde du jeu vidéo, un peu concon avec un peu d’élitisme sur les bords, ça me fait plaisir de te revoir, j’ai cru que tu avais changé, que tu avais acquis un cerveau et que tu menais une existence paisible quelque part. Gabe merci, je me suis trompée, tu es encore là, plus séduisant que jamais, avec ton gros e-pénis dressé fièrement vers le firmament. Non, vraiment, tu m’avais manqué.

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01 – Changer des trucs? Pour qui? Pour quoi?

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C’était un week-end moche. Pas qu’il ait fait particulièrement mauvais, mais il a fait froid, et le week-end, c’est le parfait moment pour réfléchir dans son coin, sous une couette plus où moins épaisse, en regardant dans le vague, une petite briquette de Chocomel à la main. Le problème, c’est que quand je réfléchis, je le fais trop. Je repère un petit bout de peluche tombée de mon manteau par terre, alors je me dis que c’est pas forcément une qualité de foufou, que c’est probablement fabriqué en Chine, que des petits enfants l’ont peut-être fait pour ramener de l’argent chez eux, que je suis un monstre, que parfois les monstres sont gentils, comme les Digimon, et je me demande ce que feraient les Digimon pour sauver tous ces enfants travailleurs.

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