10 – N’essaie même pas d’ouvrir ce sketchbook.

anxiolytruc

Il y a énormément de choses que j’aime : Rester sous la couette même après m’être réveillée, découvrir de la nouvelle nourriture passer du temps avec des gens adorables, les cookies, les sourires, même les sourires avec des morceaux de cookies coincés entre les dents, et tant d’autres choses.

Bien sûr, il y a aussi énormément de choses que je déteste : Les carottes – ces suppôts de Satan -, ne pas avoir de mémoire pour les trucs importants, voir quelles aberrations se passent dans le monde, et presque en première place, les gens qui ouvrent tes foutus carnets sans te demander.

Pas que je n’aie pas envie de partager ce que je gribouille, au contraire. J’aime poster des choses sans vraiment donner d’informations et recevoir les interprétations des gens. Évidemment que ça me plait de voir qu’on apprécie mes scribbles sans queue ni tête. Évidemment que ça gonfle un peu mon ego rachitique, on ne va pas se mentir.

 » Mais alors pourquoi tu nous fais chier avec ton sketchbook », me direz-vous ?

Parce que putain, un peu de décence.

Il y a énormément de choses que vous n’avez jamais vues et que jamais, jamais vous ne verrez. Déjà parce que j’ai sans doutes perdu la plupart des dessins auxquels je fais allusion, mais aussi parce que, ma foi, tel est mon choix.

Un jour, je suis tombée sur la galerie d’un artiste super cool. J’aimais énormément son travail, tellement que je ne me souviens plus de son nom à l’heure actuelle – feels bad man -, mais le fait est que chaque création faisait l’effet d’un coup de poing dans les dents. On aimait, on aimait pas, mais impossible de rester impassible. Son style ne se voulait pas parfait, réaliste. Cette personne disait qu’elle ne voulait pas nécessairement dessiner « pour dessiner », mais qu’il était important pour elle de faire du rangement dans sa caboche.

Je savais pas qu’on pouvait se servir du dessin comme exutoire. On m’a jamais vendu un truc pareil. Mais j’ai essayé, et c’est tellement plus agréable qu’une séance de « oui bonjour je vous écoute, alors il faudrait penser à agir, ça fera 70€ merci bonsoir à dans un mois ». Déjà, parce que le papier et les crayons bah ça reste cheapos – toi aussi travaille avec du matos de qualité dégueue par peur d’essayer le haut de gamme et de ne plus jamais pouvoir revenir en arrière -, puis parce que mine de rien, ça donne la sensation d’être productif.

Alors oui, du coup, se servir du dessin comme exutoire, c’est bien, pour soi. Voyez la Pensine dans Harry Potter ? Pareil. Tu remplaces la baguette par un crayon, le grand contenant par du papier, et hop ! Tu sors des choses qui prennent de la place dans ta tête. Tu ranges. Ça te permet non seulement de coucher une situation sur papier, mais aussi, pendant le processus de création, de réfléchir très posément au(x) moyen(s) de régler la chose. T’es ton propre psy et tu peux même caler le résultat de ta séance dans ton portfolio si le coeur t’en dit. Sérieux, c’est pas trop cool ?

Mais le problème, du coup, ce sont ces gens – je ne sais pas si c’est nécessairement fait exprès ou si je suis juste paranoïaque à ce sujet – qui, lorsqu’ils voient des gribouilles traîner, se servent, reluquent. Te gratifient parfois d’un « sinon ça va ? », ou qui décrivent certains dessins de – je cite – « DESSINS DE SUICIDAIRE LA », là, comme ça, sans prendre de gants, devant plusieurs personnes, merci j’en avais besoin.

Certaines choses représentent un sentiment S à un instant T. Jamais peut-être cette situation ne se reproduira. Peut-être était-ce un problème, une remise en question, peut-être que ça a empiré, peut-être que ça s’est réglé, moi je le sais, pas la personne qui consulte. Autant je peux donner mon accord et expliquer – si l’on me pose la question – certaines créations, autant qu’une personne tombe dessus entre deux machins trop mignons et toutes roses, ça me tue.

Je n’ai pas nécessairement l’envie de m’acheter un carnet spécialement pour ce genre de choses en particulier, quelle sotte idée que d’ouvrir un carnet blindé de problèmes, à chaque fois, n’y ajouter qu’un peu plus de négativité ?

Non, ces gribouilles sont une petite partie de mon existence, tout comme les choses mignonnes que je créée parce que ma foi, je le peux. A ce titre, je pense qu’il est normal de pouvoir coucher tout ce que je veux sur papier, sans avoir à me soucier de ce qu’en penseront les gens qui tomberont sur le carnet en mon absence. Je pense qu’il est important d’expliquer le pourquoi du comment de certains dessins. De pouvoir montrer ce que je veux en ligne et de dissimuler ce qu’il me plaira dans le vrai monde de la réalité véritable.

Mais AAAAH C’EST POURTANT PAS COMPLIQUÉ DE DEMANDER LA PERMISSION AAAH

« People ask me why my work is dark and why it’s bloody, and, I don’t know I just like drawing it ! I do it so I get it all out of me. I have a saying that it’s people who draw Mickey Mouse and cutie things that you should really worry about ’cause they internalize all the horrible stuff, they’re probably evil persons. I’m a nice happy person ! » – Ben [] Templesmith

twitt

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