11 – Ce n’est qu’un au revoir ♫

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Ou du moins je l’espère! Ces dernières semaines à Firebrush Studios sont passées très vite, et il s’est passé beaucoup de choses. Le dernier lundi de ce stage, l’on m’a offert l’opportunité d’aller présenter Ortus Arena durant l’événement Indievelopment, à une vingtaine de minutes à pied du studio. Il était très intéressant d’y voir tous ces gens exposer fièrement leurs créations, ou faire la pub’ de leur école. J’ai pu parler à quelques uns, essayer des jeux sympathiques, voir un de mes collègues faire planter successivement différentes expos, récupérer quelques cartes de visite, et boire un délicieux café. Tout aurait été pour le mieux si mon cerveau n’avait pas brusquement décidé de faire marche arrière et de se dire que « tiens, il y a quand même beaucoup de monde, c’est super oppressant, ça pue la transpiration, j’ai bien envie de t’embêter ». C’est ainsi que l’agoraphobie que je croyais avoir surmonté il y a de celà moult années maintenant décida de refaire surface, me faisant quitter l’événement avec le goût amer de la défaite.

Firebrush Studios était l’une des seules boîtes à avoir un Community Manager agoraphobe.

La semaine s’était écoulée très rapidement une fois l’événement passé, et chaque jour je m’efforçais de ne pas penser que la fin s’approchait et qu’il m’était impossible de faire quoi que ce soit pour empêcher que ça ne se produise. Le mardi, je voyais Alex pour la – je ne l’espère pas – dernière fois, il partait en Allemagne, et ça m’a brisé le coeur: C’est ce même homme qui m’a appris les quelques bases que je connais pour animer mes travaux en 2D, et qui m’a permis de réaliser un rêve de gosse, plus où moins. En fin de semaine, il me faut rédiger tout ce dont Firebrush pourrait manquer pour continuer à communiquer tranquillement, et enfin, le jour du départ arrive. Si la morosité domine dans mon petit coeur de fragile, tout le monde a essayé de me faire rire toute la journée, et Martijn m’a joliment remerciée en m’offrant un jeu de cartes Explosive Kittens. Puis c’est la fin. On se dit à la prochaine, en espérant qu’elle arrive.

Le samedi, avec l’Homme nous préparons la chambre pour la rendre toute jolie, histoire de pouvoir se détendre le reste de la journée, et chiller jusqu’au lendemain où une dure journée dans les transports nous attend. Dans la théorie: Nous partons d’Utrecht vers 11h00, pour arriver à Liège aux environs de 13h30 et pouvoir attendre notre covoiturage vers 15h00 dans le calme, et être rentrés en France pour minuit. Dans la pratique on décolle plus tôt parce que c’est ma grande peur de rater un transport, histoire de prendre le train de 10h00. Si le guichetier (je me rappelle de ton visage enflure, je reviendrais exprès pour toi) me vend deux billets Utrecht > Liège, une fois à Maastricht, au moment de prendre notre correspondance, on nous affirme haut et fort que « ah bah non y’a pas de trains jusqu’en Belgique c’est la grève. Vos billets? Ah bah c’est non remboursable ma p’tite dame ». Pleurs. Je me vois déjà rater notre covoiturage, devoir raquer à Maastricht pour dormir alors qu’on est déjà en galère et que j’ai deux trajets Maastricht > Liège payés dans le vent. Je nous vois contraints de rentrer en train à 300€+ le billet au dernier moment, je me vois déjà rater mon oral. J’ai les nerfs fragiles, ça craque facilement là-dedans.

L’homme parvient à garder à peu près son sang froid même si je lui insuffle énormément de stress avec mes bêtises. Je parviens à aller apitoyer des gens près d’un arrêt de bus, une femme me balance de prendre un bus puis d’improviser sur place une fois à destination, ça m’emballe bifbof. Notre sauveur aura finalement une dégaine du jemenfoutiste de base et une forte odeur d’alcool, il nous dirige vers un arrêt de bus qui se dirige justement où nous devons nous rendre et miracle, nous arriverions à prendre le covoiturage à l’heure prévue. Bénie soit ma parano qui nous a fait décoller en avance, pour le coup.

 Après un trajet plutôt calme, nous arriverons enfin à Annecy, à notre chambre au bord de la circulation qui fait du bruit, dans notre appart’ tout mal isolé, où le propriétaire fait visiter sans prendre le temps de prévenir parce que hashtag YOLO. Tout est bien qui finit bien. Nous retrouvons la morosité propre à ce pays. Où c’est à toi de te pousser quand quelqu’un ne daigne pas se décaler quand bien même vous pouvez passer largement tous les deux. Où les caissières sont surprises quand on leur dit des trucs du genre « bonjour » et « passez une bonne journée ». Où la grisaille a l’air de régner quand bien même le soleil dehors est plus rayonnant que jamais.

Ce qui est triste quand on passe une chouette expérience, c’est le retour à la réalité. Il va me falloir quelques temps pour me réhabituer à cette ambiance, mais eh, peut-être n’est-ce que temporaire, alors il faut bien faire avec!

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