07 – Les chauffeurs de taxi se nourrissent-ils de votre désarroi?

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VOILA. C’EST FAIT. Une semaine et quelques après mon arrivée perturbée à Utrecht, j’ai enfin l’appartement que je dois avoir pour les trois mois restants. Plus qu’à me payer un vélo et je me fondrais totalement dans la masse. Mais avant cela, il faut que je vous fasse un petit résumé de cette acquisition, ce serait trop bête de passer à côté d’une (autre) histoire qui moi, m’a fait pleurer (littéralement) mais qui vous fera sans doutes marrer. Et je recycle les images si je veux. Là j’ai la flemme, et je vous explique pourquoi.

Hier soir, extatique, je prépare mes affaires, rien ne manquait à l’appel. Rien. De toute façon, je pars absolument toujours du principe que si j’ai mon ordinateur, mon câble de charge, mon téléphone, le câble du téléphone, ma pilule, et mon porte-monnaie, je peux oublier tout le reste, je m’en fous. Bien entendu, en grande stressée de la vie, je n’arrive pas à fermer l’oeil, et me relève plusieurs fois dans la nuit pour voir si je n’ai rien oublié qui m’aurait échappé. Rien. J’étais prête. J’étais prête à 20h hier soir, mais aussi à 2 heure du matin, à 3h30, et aussi à 4h50. Parfait. Je laisse des oeufs à la qualité douteuse et une Vache Qui Rit en offrande à mon boss, qui m’a permis d’avoir un toit sur la tête pendant cette semaine. Je fais ce que je peux, avec ce que j’ai.

Le matin, je sens tout le poids du non-sommeil de cette nuit, mais ayant une lourde valise à transporter, je n’ai guère le temps de m’attarder, et descends en trombe pour attendre un taxi que je viens d’appeler. Outre le fait qu’il m’aie pris pour une poire et me fasse faire des détours de psychopathe (il faut vraiment que j’apprenne à prononcer le nom des routes pour n’avoir pas la sonorité du touriste paumé), je me contiens, je m’en fous, je suis à l’heure au boulot. La journée file à vive allure, je passe littéralement trois heures à me demander pourquoi certains textes sont sélectionnables sur mon PDF et d’autres non, pourquoi certains liens sont cliquables et d’autres non, puis une fois le problème réglé à l’arrache totale, je pousse un immense soupir de soulagement. Mon crédo est le plus utile du monde, je vous conseille de vous l’approprier à votre tour: « Si c’est stupide mais que ça marche, c’est pas SI stupide ».

Une heure avant mon rendez-vous, je demande l’autorisation de partir, j’ai une quarantaine de minutes à marcher sous la pluie battante avec ma valise pour parvenir à ma destination. Je décide que le jeu n’en vaut pas la chandelle et j’appelle un taxi. Je n’apprends pas de mes erreurs. Le chauffeur ne comprend pas où je veux me rendre, je lui montre UNE CARTE avec LE NOM TRES CLAIREMENT ECRIT DESSUS, et nous prenons la route, on parle de vélo, il me dit qu’il m’en faudrait un parce que ça m’éviterait d’appeler le taxi,  en rigolant grassement. L’enflure. Il me dépose devant un bâtiment, le numéro 37 est bien inscrit sur la devanture, mais rien n’indique qu’il y ait des appartements quelque part. A travers la baie vitrée, je fais signe à un homme très sympathique qui m’ouvre la porte en téléphonant, j’attends qu’il finisse (environ un putain de quart d’heure) pour qu’il m’indique où je peux trouver lesdits appartements en lui montrant à lui aussi la carte et le nom de rue. « Mais mamz’elle, vous êtes pas à Oldambt, vous êtes à *insérer un nom de rue à rallonge avec plein de RRRR dedans* ». AH. AH BON. PARCE QUE J’AI RENDEZ VOUS DANS UNE DEMIE-HEURE AVEC LE PROPRIO MOI.

Le temps de me cacher pour lâcher quelques larmes de nervosité qui sont propres aux moments où je SENS que si je ne me contrôle pas je vais sauter à la jugulaire du premier venu (littéralement. J’utilise beaucoup ce mot dans l’article, mais je l’aime bien). Puis je reprends mes esprits. Les taxis m’emmerdent? BIEN. MOI AUSSI JE VAIS LES FAIRE CHIER, JE VAIS DONNER DU POGNON A LA CONCURRENCE. J’installe rageusement (ce qui se traduit par des tapotages énervés sur un smartphone, rien de bien spectaculaire en vérité) Uber sur mon téléphone, et soupire de soulagement en voyant qu’une voiture est à 4 minutes de moi. Le chauffeur est très gentil, m’explique les bâtiments touristiques de la ville tout en me faisant avancer (et vu le nombre de minutes avant arrivée ne diminuant pas je me doute qu’il m’enfle un peu quand même mais c’est pas tous les jours que j’ai la chance de monter dans une Mercedes alors je me tais). J’en profite pour appeler en urgence mon géniteur afin qu’il m’envoie le numéro du propriétaire, de peur d’être en retard. Une fois arrivée, je me retrouve en avance sur ce dernier, le chauffeur m’accompagne devant les escaliers de ma nouvelle demeure, en profite pour me foutre un méga-doute (« Vous êtes sûre que c’est bien 37 et pas 87? » AAAAH), puis repart non sans m’avoir souhaité bonne chance (merci bro, j’en aurais besoin) et bonne continuation (OUAIS OUAIS CA VA MOI AUSSI JE VAIS DEVENIR CHAUFFEUR POUR FAIRE SOUFFRIR LA POPULASSE ET ME BARRER AVEC LE SOURIRE HEIN).

Là, après une dizaine de minutes sous la pluie (ce dont je ne me plains pas, je suis du genre à préférer arriver BIEN en avance plutôt qu’un peu en retard), je le vois arriver, le propriétaire. Il a une tête de… De propriétaire. Les cheveux gominés, le sourire éclatant qu’on ne voit habituellement que dans les pubs Colgate, la chemise assez ouverte pour dire « je suis cool et jeune » mais assez fermée pour sous entendre « je suis pro me cherche pas d’embrouilles ou j’te fous sur la paille ». Il dégage une odeur très forte d’eau de Cologne (j’aurais bien ajouté « de marque », mais je sais difficilement juger la valeur d’un tel produit: il me fait toujours tousser, pour pauvres ou pour riches). Nous visitons, tout est très spacieux et très propre, Ma chambre a été lâchée la veille par le locataire précédent et la seule chose qui me passe par la tête est: « mais putain comment je vais rendre un truc aussi clean alors que j’ai déjà peur de perdre un cheveu par terre? ». Il me file le mot de passe du wifi (bonheur), m’informe de la présence d’un câble Ethernet (amour) et que la douche (et les communs de manière globale) est spacieuse (BLBLBLAMOURBBLBL -> un bruit de contentement extrême). Cerise sur le gâteau, je peux limite aller faire mes courses en pyjama / pantoufles (si j’en avais) parce que le magasin le plus proche est à moins de cinq minutes de marche.

Vous l’aurez deviné, je suis JOIE. Le seul bémol pour le moment reste la durée du trajet pour aller au boulot tant que je n’ai pas de vélo, environ 40 minutes de marche. Et encore. Si je passe par le parc. Le même parc dont un collègue m’a dit que « LA NUIT MÊME PAS TU ESSAIES TOUTE SEULE ». Donc disons 40 minutes le matin à l’aller, et une petite heure au retour le soir quand tu es bien crevé et que tu as bien besoin de te caler au fond d’un lit. En gros.

Allez, cette semaine, je me choppe un vélo, j’aurais même pas à aller voir les junkies*, je le JURE.

*Les junkies sont des types très recommandables si tu cherches un vélo pas cher, assez peu si tu es bête au point de laisser ton vélo sans protection. Ils se réunissent près des gares le soir et revendent des vélos chourrés deçà delà pour des prix dérisoires (à partir de 10€ de ce qu’on m’a dit). Si vous cherchiez dans mes articles un truc typiquement Hollandais: En voici un!

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