04 – Le premier jour, elle fut le décès, et vit que cela était bon

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Ce matin, après n’avoir pas dormi de la nuit, la faute à un café vraiment trop corsé de la veille, je décidais de patienter dans le lit jusqu’à ce que mon réveil sonne, à 7h30. Mes horaires étant 10h-18h, j’avais un peu de marge devant moi pour me consacrer à quelques loisirs tels qu’essayer de m’extraire dudit lit (littéralement, le lit prend la pièce et ne laisse qu’une demie-porte pour s’extirper et accéder à la pièce adjacente), faire mon sac, et constater avec désarroi que je n’avais pas même l’ombre d’un quignon de pain afin de petit-déjeuner, ayant été trop fatiguée la veille pour avoir ne serait-ce que l’idée masochiste de re-sortir après m’être installée.

C’est donc vers 9h, pleine de caféine (je sens que je vais rentabiliser ces pots de café comme jamais dans ma vie) et de peur que je sors de la maison après avoir soigneusement enfoui dans mon sac le nécessaire de survie de l’apprentie Community-Manager que je suis. Cela comporte évidemment mon PC portable (sur recommandation du Maître de Stage car selon lui, il ne prêterait pas les PCs inutilisés de la boîte à son pire ennemi), le chargeur, la tablette graphique empruntée à Reiquai pour les trois mois, mais aussi un parapluie de circonstance, ma petite Nexus d’amour, un exemplaire de 1984 de Georges Orwell parce qu’on ne lit jamais assez, et un déodorant. Woh hé c’est bon hein.

Je quitte donc l’appartement en constatant qu’il ne pleut pas et j’en suis RELATIVEMENT TROP CONTENTE vu la tête du temps (située entre « je vais te rincer ta gueule » et « tu vas avoir trop chaud sous ton manteau mais si tu as le malheur de laisser un millimètre carré de peau en dehors, je te promets la pneumonie de ton existence »). Je me souviens du trajet pour aller jusqu’au travail: tu sors, tu tournes à gauche, tu avances à l’intersection, tu tournes à gauche, là, tu suis le canal et… Et… Et? Bondieu je fous quoi après le canal? Je tourne où? Ne voulant pas gâcher quelques Mo des 3Go que Free (je vous aime) met à notre disposition en débarquant dans un pays européen, je demande mon chemin à une vieille personne qui m’envoie dans une direction, l’air très sûre d’elle.

Sans trop savoir qui blâmer entre ladite femme et mon accent improbable quand arrive le temps de prononcer des noms de rue Néerlandais, je me retrouve paumée devant une bâtisse nommée joliment « Bedrijvencentrum Vondelparc ». Je n’ai aucune idée de ce dont il s’agit, mais si ça a un nom, ça doit pouvoir servir de point de repère, un sms plus tard, le couperet tombe: on t’a envoyé n’importe où, tu ne suis pas le bon canal (parce que oui si y’en avait qu’un et que je pouvais m’y fier tout du long ce serait super chouette). Je reviens sur mes pas et réussis à me diriger tant bien que mal jusqu’à destination où je bénis mon moi-parano d’avoir pensé à prendre du déodorant.

Là, je fais connaissance de mes collègues de travail, et apprends que non contente de réussir presque à me repérer pour venir jusqu’au studio, nous changerons de bureaux début avril. Je pourrais crier joie + bonheur parce que c’est plus près de l’endroit où je loge actuellement, mais je crie plutôt effroi + frustration, parce que j’avais choisi l’appartement où je vais me poser à partir du premier mars pour sa proximité avec le studio actuel, et la distance sera probablement doublée / triplée avec le prochain. J’ai dû être très vilaine avec une portée de chatons dans une vie précédente, et le karma me le fait payer du pire des moyens: en se jouant de mon non-sens de l’orientation.

Après une journée presque exclusivement consacrée à la recherche d’informations concernant le studio et le jeu à sortir, j’apprends avec énormément d’appréhension qu’aux Pays-Bas, il est d’usage de se bâffrer le matin, de manger vite fait une ou deux tartines le midi, et de manger raisonnablement le soir. Ne m’étant pas rempli la panse depuis hier soir et étant à deux doigts de fouiller les poubelles pour y trouver de quoi me sustenter convenablement, je déglutis avec difficulté tout en essayant de dissimuler les cris de baleine esseulée que produit mon estomac. Je passe globalement la journée à accepter tous les cafés que l’on me propose, et à y noyer du sucre en espérant calmer le boucan que mon ventre continue de faire à intervalles réguliers.

18h, je me lève pour partir, l’on me demande si la journée était bonne, et oui, elle l’était, j’ai rencontré des gens intéressants qui, Gabe merci, parlaient avant les silences gênants, et tous m’ont l’air très intéressants. Je vous présenterais ce petit monde demain probablement, où j’aurais moins de choses à vous raconter (peut-être). En sortant, je file chez l’épicier du coin pour me procurer des cookies pour le matin, et des cheeseburgers pas chers pour le soir en attendant d’avoir le temps de faire des courses décentes. Voyage de retour à la maison, re-belotte, impossible de savoir où je dois tourner pour rentrer, et les maisons que je trouvais charmantes hier de par leur similarité sont devenues un labyrinthe déprimant pour l’âme perdue que je me trouvais être. Une fois le chemin retrouvé (nan sans déconner Free, profite quand je dis que je t’aime), je me pose comme la dernières des loques sur le canapé et un truc me titille… Il manque quelque chose. Un truc important.

Je n’y prête pas attention outre mesure, sors le PC, essaie tant bien que mal de m’habituer à la température de la pièce (indice: il fait aussi froid que dehors, et dehors, il pèle), sort ma nourriture durement acquise et pense soudain: « Charlaine, ceci est un paquet contenant deux cheeseburgers. Où comptes-tu les mettre chauffer, sans four, et sans micro-ondes? » (c’est aussi le moment où je suis contente de ne pas avoir pris de pizza que je pensais le faire initialement). Le temps que mon cerveau fasse un salto, et je me saisis d’un couteau en priant absolument toutes les divinités qui existent ou ont existé en déballant un burger: pitié, pas d’indigestion, pitié. Actuellement, je calme ma faim en vous écrivant, dehors il fait froid, dans mon coeur il fait froid, ce burger est froid, et nom de dieu, j’ai vraiment, VRAIMENT dû faire mal à ces chatons dans une autre vie.

OUI JE RECYCLE L’ILLUSTRATION, J’AI SOMMEIL ET ON EST QUE LUNDI!

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