03 – Le début (de l’aventure, de la fin, ce que tu veux)

JeSuisVivante

Jeudi, 9h, je décolle de ma petite chambre douillette d’Annecy afin de me rendre à Chambéry, où un covoiturage est censé me prendre à 11h, afin que je puisse passer deux jours à Namur, en Belgique, près de l’Homme. Outre un trajet désespérément long ponctué de moult arrêts et d’un retard à l’arrivée, j’étais vivante, près dudit Homme, et c’est tout ce que je demandais. Ces deux jours en sa compagnie sont passés excessivement vite, et ce matin nous nous adonnions à une déchirante séance de séparation, la seconde en un mois, ce qui n’arrange guère le moral des troupes.

C’est vers midi que j’abandonne définitivement ma zone de confort pour me confronter aux très angoissants trajets ferroviaires. Ceux où quand un train a du retard, tu vois ta vie défiler devant tes yeux parce que tu as la frousse de rater une correspondance et retarder ton arrivée – et donc retarder ton repos -. Après avoir failli rater mon premier changement pour cause de retard justement, j’arrive néanmoins à attiser la pitié d’un contrôleur Néerlandais qui m’amène sur le quai afin de chopper mon troisième et dernier train.

Arrivée à Utrecht dans les temps, je rejoins tant bien que mal mon maître de stage et sa compagne, venus me chercher courtoisement. Là, je regarde ma valise qui pèse environ un morse mort et demi, et je me souviens avec horreur que le transport le plus utilisé dans ce pays est le vélo. Durant la première partie du trajet, nous nous rendons jusqu’aux studios où je commencerais à travailler dès demain en tant que Community Manager, afin de visiter une première fois, vidé de toute présence humaine. C’est la première fois que je vois comment tout ceci peut se dérouler, la place de telle ou telle personne, et le plan de travail qui va avec. Des partitions ici, une tablette graphique là, un tas de jeux de plateau sur une étagère. J’ai hâte de voir comment tout va se dérouler dès demain matin, en espérant faire de mon mieux pour aider tout ce petit monde.

Lors de la seconde partie du trajet, je me retrouve sur le porte-bagages de la compagne de mon maître de stage, tandis que ce dernier transporte ma valise (qui je le rappelle pèse un morse mort et demi) à une main, le guidon dans l’autre, la demoiselle doit subir le poids de trois morses décédés dans le dos et nous arrivons à destination après ce que je pense être le trajet le plus cool de ma vie. Là vous devez m’imaginer, blême à l’arrière d’une petite bicyclette, tentant tant bien que mal de balancer des jambes pour conserver un équilibre tout relatif. Vous auriez ri, promis.

Nous arrivons donc dans l’endroit où je vais me faire un petit nid douillet jusqu’à la fin du mois: L’Antre du Maître de Stage. Les escaliers sont visiblement (et selon ses dires) une sorte de sélection naturelle: si tu es ivre, tu ne peux définitivement pas les gravir, à moins d’avoir un contrôle de toi-même et de ton équilibre hors du commun. Ne comptant pas rentrer passablement ivre, je note que même sobre, je serais capable de finir à l’hôpital en descendant avec trop d’enthousiasme. Les couloirs, portes et lieux communs sont recouverts de dessins, tags et peintures de toute part, un habitat étudiant dans toute sa splendeur, il faudra d’ailleurs que je prenne des photos de tout ceci avant de changer d’appartement, le premier mars. Ma petite visite guidée se termine sur les toilettes d’environ pas-des-masses-de-surface, que l’on peut utiliser décemment si l’on est un homme et qu’on se met sur le côté pour se soulager, ou probablement en étant un Oompa Loompa. Mes pensées vont à d’éventuels locataires aux grandes jambes, moi-même étant relativement petite et ayant beaucoup de mal à me faire au confort de la pièce, RIP, les grands!

Nous sommes ensuite sortis afin de me faire connaître les endroits à connaître pour survivre efficacement: Les magasins cheapos du coin qui vont me permettre de manger à moindre frais, et qui restent ouverts à des heures qui devraient inspirer les commerces français.

Une fois tout ceci terminé, j’aide à préparer un plat du coin, réservé aux hivers froids et secs du pays: Une immense boulette de viande aux oignons, et une purée de pommes de terre et au persil, le tout recouvert d’une délicieuse sauce à la moutarde, accompagné de vin. J’apprends beaucoup de choses durant ces quelques heures, déjà, que les personnes qui m’ont inquiétée en parlant du tempérament des hollandais ont dû tomber sur le plus pourri du panier, que le repas tient – très – bien à l’estomac, que je parle définitivement trop après quelques verres, et que mon maître de stage – parti avec une petite valise en rotin rempli de vêtements pour tout bagage de la semaine – est awesome. Je suis plutôt satisfaite de réussir à comprendre les conversations qui se tiennent en anglais et projette néanmoins d’essayer de repartir avec quelques bases de Néerlandais, ne serait-ce que pour briller en société.

C’est la fin de ce premier – vrai – article en territoire pas si hostile que ça. Demain, je vous apprendrais sans doutes comment je me suis paumée en essayant de retrouver mon lieu de travail, et dans une semaine, comment survivre en mangeant des sandwiches triangle!

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